Étude de cas · Fondation 30 Millions d'Amis
« Accusé, levez la patte ! » : 30 Millions d'Amis fait le procès de l'abandon
Chaque année, de plus en plus d'animaux sont abandonnés et les refuges sont saturés. Comment la Fondation 30 Millions d'Amis utilise-t-elle un concept choc, un procès inversé, pour faire réagir le public et obtenir des mesures concrètes ?
- Marque
- Fondation 30 Millions d'Amis
- Secteur
- Associations et fondations (protection animale)
- Année
- 2020
- Niveau
- Lycée (STMG)
Notions Campagne de sensibilisationConcept créatifHashtagSocial media marketing
Contexte
Selon l'article, les abandons d'animaux sont de plus en plus nombreux chaque année, pour des raisons parfois futiles (vacances, bruit, saleté, peur d'un virus). Beaucoup d'animaux sont laissés au bord des routes ou en forêt.
La Fondation rappelle dans un communiqué qu'avec le confinement et la crise sanitaire, les adoptions ont ralenti : les refuges sont surchargés et ne peuvent pas toujours recueillir les animaux trouvés par la fourrière. Ceux qui ne sont pas réclamés à l'issue du délai légal de garde de huit jours risquent la mort.
La Fondation a soumis 10 propositions contre l'abandon et attend des réponses concrètes, notamment du ministre de l'Agriculture.
Cible
La campagne semble viser plusieurs publics :
- le grand public (cœur de cible), en particulier les propriétaires et futurs propriétaires d'animaux, pour faire évoluer les comportements et l'engagement vis-à-vis des animaux ;
- les pouvoirs publics, et notamment le ministre de l'Agriculture, à qui la Fondation demande « du concret » ;
- les internautes actifs sur les réseaux sociaux, invités à signer la pétition et à relayer le hashtag.
L'association de Maïwenn à la campagne laisse penser que la Fondation cherche aussi à toucher un public plus large que ses sympathisants habituels, mais l'article ne le précise pas.
Objectifs
L'article énonce clairement l'objet de la campagne : « obtenir du concret ».
- Objectif de sensibilisation : dénoncer l'absurdité et l'abjection des abandons d'animaux.
- Objectif politique : obtenir l'application des 10 propositions de la Fondation et des engagements du ministre de l'Agriculture.
- Objectif comportemental : faire évoluer le « savoir-être et faire » des individus dans leur engagement envers leurs animaux.
- Objectif de mobilisation : recueillir un maximum de signatures pour la pétition, sur le site officiel et via le hashtag #NONALABANDON.
Le dispositif
La campagne, réalisée avec Maïwenn, repose sur un concept créatif d'inversion :
- l'animal abandonné est mis en scène comme un accusé lors d'un procès : « Accusé, levez la patte ! » ;
- il est sommé de plaider coupable d'être un fidèle compagnon et condamné pour s'être plaint d'être abandonné ;
- la « peine de mort » évoque le sort des animaux euthanasiés en fourrière, alors que la peine de mort est abolie en France depuis 1981.
La campagne s'accompagne d'une pétition sur le site officiel de la Fondation, qui peut aussi être signée avec le hashtag #NONALABANDON sur les réseaux sociaux. L'article, classé dans la rubrique vidéo, ne précise pas les supports de diffusion ni le rôle exact de Maïwenn.
Résultats
Un résultat est communiqué : la pétition a déjà recueilli plus de 109 000 signatures au moment de l'article. En revanche, l'audience de la campagne et l'effet sur les décisions publiques ou sur le nombre d'abandons ne sont pas connus.
Pistes d'indicateurs pour compléter l'évaluation :
- nombre de vues et de partages de la vidéo ;
- nombre d'utilisations du hashtag #NONALABANDON ;
- évolution du nombre de signatures dans le temps ;
- retombées médiatiques ;
- propositions reprises par les pouvoirs publics ;
- à plus long terme, évolution du nombre d'abandons et d'adoptions en refuge.
Analyse : ce qu'il faut retenir
1. L'inversion comme ressort créatif. En faisant de la victime un accusé, la campagne crée un décalage absurde qui choque et fait réfléchir. Ce concept créatif rend visible l'injustice sans montrer d'images insoutenables : le spectateur comprend par lui-même que le véritable coupable est celui qui abandonne.
2. Une analogie forte avec la justice humaine. Rappeler l'abolition de la peine de mort en 1981 donne une portée morale et politique au message. Cela prépare la demande adressée au ministre.
3. De la sensibilisation à l'action. Une campagne de sensibilisation efficace propose un geste simple. La pétition, signable via un hashtag, transforme l'émotion en engagement mesurable et crée un levier de pression sur les pouvoirs publics.
4. Le rôle d'une personnalité. L'association avec Maïwenn apporte une visibilité supplémentaire, mais l'article ne permet pas d'en mesurer l'effet.
Questions
- Identifiez l'annonceur, le problème dénoncé et les causes d'abandon citées dans l'article.
- Expliquez le concept créatif de la campagne « Accusé, levez la patte ! ».
- Montrez en quoi la référence à l'abolition de la peine de mort renforce le message.
- Analysez le rôle de la pétition et du hashtag #NONALABANDON dans le dispositif.
- Le chiffre de 109 000 signatures suffit-il pour juger du succès de la campagne ? Justifiez.
- Proposez une action complémentaire pour inciter directement le public à adopter en refuge.
Afficher le corrigé
- Annonceur : la Fondation 30 Millions d'Amis, avec Maïwenn. Problème : l'abandon croissant des animaux, la saturation des refuges et l'euthanasie des animaux non réclamés en fourrière. Causes citées : caprice, peur d'un virus, départ en vacances, animal jugé trop bruyant ou trop salissant.
- La campagne inverse les rôles : l'animal abandonné est traité comme un accusé dans un procès, sommé de plaider coupable d'être un fidèle compagnon et menacé de la peine de mort. Ce renversement absurde dénonce l'injustice faite aux animaux.
- La peine de mort est abolie en France depuis 1981, mais elle « existe toujours pour les animaux » euthanasiés en fourrière. Le parallèle choque, donne une dimension morale au sujet et justifie la demande de mesures politiques.
- La pétition transforme l'émotion en action concrète et mesurable ; elle sert de levier auprès du ministre de l'Agriculture. Le hashtag facilite la signature et le partage sur les réseaux sociaux, ce qui élargit la portée de la campagne.
- Non : il mesure la mobilisation, mais pas l'audience de la campagne, ni ses effets sur les décisions publiques (application des 10 propositions), ni sur les comportements (nombre d'abandons et d'adoptions). Il faudrait d'autres indicateurs dans la durée.
- Exemples : journées portes ouvertes dans les refuges relayées sur les réseaux sociaux ; portraits vidéo d'animaux à adopter ; partenariat avec des vétérinaires ou des animaleries pour orienter vers l'adoption ; parrainage d'un animal en refuge.
Étude rédigée par Le Monde Marketing d'après l'article « J’accuse ! Accusé, levez la patte ! » (2 octobre 2020). Libre d'utilisation en classe, avec mention de la source.