Du sang, des « armes », un espace clos et une ambiance sinistre. Dans sa nouvelle campagne de sensibilisation imaginée par l’agence Archer Troy Mexico, PETA (Association Pour une Éthique dans le Traitement des Animaux) choisit d’inverser les rôles et met en scène la revanche des animaux contre leurs bourreaux. Et mise pour cela sur la violence. Contradiction ?

La revanche des martyrs

Vous pensez encore que le végétalisme est une affaire de bobos ? Voire une tendance passagère ? PETA semble vouloir nous prouver le contraire dans cette nouvelle campagne Digitale et Print au style largement emprunté aux films d’horreur. « Who is the animal ? » semblerait en effet plutôt avoir vocation à provoquer des hauts le cœur qu’à nous faire manger de l’herbe. Dans un environnement sombre et glauque, trois bouchers sont filmés alors qu’ils dépècent, coupent, éviscèrent des cadavres d’animaux. Avec un focus indéniable sur le plan de travail ensanglanté et les outils des protagonistes (crochets, couteau, fusils à aiguiser, scie…), tout invite à l’angoisse. D’autant plus lorsque l’on devine des silhouettes avançant vers les personnages isolés sur un fond musical qui invite tout autant à l’action qu’à la crainte. C’est alors que l’on découvre que ces personnages perturbateurs ne sont autres qu’un poulet, une vache et un cochon à morphologie humaine, résolus à venger leurs congénères. Sans grande surprise, le boucher devient victime et l’animal devient bourreau. Une affaire de sang qui en définitive ne nous fait pas sortir du prisme dénoncé.

©PETA

©PETA

©PETA

Le dégoût comme arme publicitaire

Si l’objectif premier de la campagne est bien de dénoncer les violences faites aux animaux comme l’atteste la mention finale « Plus de 60 000 milliards d’animaux sont tués pour la consommation humaine chaque année », il peut être déstabilisant de constater que c’est justement cette violence qui est utilisée pour porter le message de cette campagne. Alors que PETA cherche ici à sensibiliser le grand public à la cause du traitement des animaux, le fil conducteur qui consiste à inverser les rôles semble un peu facile, voire même contreproductif. N’en déplaise à une réalisation et un traitement des images plutôt esthétiques et bien réalisés, il s’agit bien ici de se servir de la barbarie pour la dénoncer. Et alors qu’on perçoit de légères pointes d’humour et qu’on apprécie la faveur donnée à l’action dans une campagne de sensibilisation, celle-ci n’en reste pas moins maladroite, pour ne pas dire caduque. Si l’objectif final est de pousser les internautes à faire un choix, encore faudrait-il que l’association, à travers ses messages, assume le sien jusqu’au : celui de la non-violence généralisée.

About Author

Leave A Reply