Qu’a-t-on le temps de faire en 1,2 secondes ? Sourire ? Bailler aux corneilles ? Ecrire son prénom ? Bref, pas grand-chose. Et si vous appreniez qu’1,2 secondes, c’est le temps qu’il faut pour abattre un arbre et détruire ainsi 3 m² de forêt en Roumanie, dernier pays en Europe à jouir encore d’une forêt vierge ? Soucieuses d’éveiller les jeunes consciences à cette catastrophe environnementale, WWF Roumanie et Virgin Radio ont fait appel à l’agence McCann Bucharest pour trouver une façon de communiquer retentissante. Aux frontières entre l’alarme et le divertissement, « The deforestation beat » résonne et recrée du lien entre les jeunes et l’environnement.

Une campagne puissante et rythmique

Si le postulat de base est bien de dénoncer, le divertissement prend bien le pas sur l’avertissement. La communication brute des chiffres et les statistiques alarmantes ne touchent plus les gens ? Alors, il suffit de les utiliser autrement. L’agence McCann Worldgroup Roumanie a ainsi pris le parti de créer quelque chose à partir de l’existant, quelque chose de vrai, de concret, qui éveillerait les sens tout en s’adaptant aux usages. 1,2 – plus qu’un chiffre alarmant- est donc devenu un tempo.  Un battement qui s’est glissé de manière subtile aux titres du moment d’artistes tels que INNA, Mihail, Vanotek, The Motans, Grimus et DJ Shiver qui ont réadapté leurs morceaux en signe de soutien à l’organisme de protection de l’environnement (D’autres artistes devraient prochainement rejoindre le mouvement). Lancinant, le rythme, facilement identifiable, habite le morceau mais surtout la vie quotidienne des auditeurs, comme pour leur rappeler que la déforestation est un problème constant, qui, s’il n’est pas forcément visible, n’en est pas moins présent. Diffusés à la radio, les auditeurs (sûrement surpris de voir leur titre préféré remixé) sont incités à « shazamer » les morceaux et sont ainsi redirigés vers une plateforme informative de don. Un geste simple et cohérent avec les usages, mais qui devient lourd de sens.

Une autre façon de communiquer auprès de la jeune génération

« A l’ère de la technologie, de la connectivité et des hashtags, il est paradoxalement difficile de comprendre le lien avec l’environnement, de comprendre pourquoi la nature compte pour nous. Il est encore plus difficile pour nous de déterminer quel pouvoir avons sur lui. (…)  Grâce à cette campagne, nous voulons traduire un problème important pour la nouvelle génération, mais aussi simplifier la manière dont les jeunes peuvent s’impliquer dans la sauvegarde de la nature », a déclaré Orieta Hulea, Directrice de WWF Roumanie.

En effet, la jeune génération, particulièrement concernée par les désastres environnementaux qui se jouent, est une cible difficile à atteindre. En impliquant les artistes du moment et en se fiant aux usages actuels, l’agence McCann Bucharest réussit ici un coup de maitre. Si la musique est un levier encore peu utilisé en communication, « The deforestation beat » surprend par une simplicité puissante. La preuve que l’on peut faire du bruit, sans pour autant abuser des sirènes.

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