Poulets maltraités : Lidl se fait parodier pendant que KFC assume

Le bien-être animal est un critère de plus en plus pris en compte par les consommateurs. Et, avec les réseaux sociaux, les cas de maltraitances peuvent vite avoir un effet dévastateur sur l’image de l’entreprise. Ceci, l’association L214 le sait très bien. Elle a donc lancé une campagne contre Lidl afin de sensibiliser les consommateurs sur l’élevage intensif de poulets. De son côté, KFC a préféré prendre les devants et jouer la transparence.

Lidl : quand l’œuvre se retourne contre son créateur

Pour dénoncer les maltraitances animales, tout le monde connaît ces vidéos insoutenables tournées dans les abattoirs. Parfois violentes, elles ne font pas toujours l’unanimité. L’association L214 fait donc une campagne plus subtile en usant de la parodie, du moins pour la première moitié de la vidéo.

Le film reprend les fameuses publicités Lidl « On est mal patron » mais les détourne. Le principe est le même : un employé fait du repérage dans les fermes de poulets Lidl puis appelle son patron pour faire un rapport. Sauf qu’ici la conclusion est : « si leurs clients apprennent ça, ils sont mal, très mal ». En utilisant l’humour noir, le message se fait encore plus violent et impactant.

Ces dernières années, Lidl a beaucoup misé sur la communication. Une tactique payante puisque la marque est désormais ancrée dans l’imaginaire des Français. Les pubs Lidl comme son slogan sont très connus, ils sont par conséquent des cibles de choix pour les parodies.

KFC prend ses responsabilités face à la santé de ses poulets

Elle aussi victime d’un appel à boycott en 2013 pour les conditions d’élevage de ses poulets, la marque de fast food a cette fois joué carte sur table. En effet, KFC vient de reconnaître qu’un tiers de ses poulets souffraient de graves inflammations. Cette inflammation, la dermatite plantaire, empêche les poulets de marcher correctement et entraîne des lésions sur leurs pattes.

Ce problème est en grande partie dû aux conditions d’élevages : beaucoup de poulets dans des petits espaces clos et mal ventilés. Il s’agit aussi de poulets ne mettant que 30 jours pour arriver à leur taille d’abattage, ils sont donc fragiles et sujets aux maladies et aux blessures.

Pour changer les choses, KFC veut pousser ses fournisseurs à choisir des races à croissance plus lente. La marque se tourne aussi vers des recettes végétales à base de cellules de poulets. Dans tous les cas, en admettant ses erreurs, l’entreprise échappe au scandale.

La transparence : le premier pas vers le changement

KFC a très bien organisé sa communication puisque même les associations de défense des animaux ont bien accepté la nouvelle. La militante Lindsay Duncan explique « KFC a beaucoup de progrès à faire, mais nous sommes très heureux qu’ils aient publié ce niveau de données publics et de transparence dont ils peuvent désormais être tenus responsables ». En assumant ses fautes, la marque gagne des points de réputation.

De même, KFC adhère à l’ONG Better Chicken Commitment. Grâce à cela, l’entreprise est épaulée pour aller dans la bonne direction et obtient un bouclier contre ses détracteurs.

Ainsi, les politiques RSE sont en pleine mouvance dans le secteur de l’élevage intensif. Assumer les erreurs du passé et accepter les changements semblent être les meilleurs moyens d’éviter le bad buzz.

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