Afin de garantir les activités d’une entreprise à l’export, rien ne vaut la souscription d’une assurance-crédit : celle-ci protège contre les risques d’impayés et permet d’évaluer les incertitudes qui peuvent peser sur les échanges commerciaux avec les régions concernées – c’est ce qu’on appelle le risque pays. Mais comment une assurance-crédit estime-t-elle ce risque pays ? Et quels sont les régions du monde où ce risque est si élevé qu’il est déconseillé d’exporter ?

L’export et l’assurance-crédit

Historiquement, les entreprises françaises ont tendance à exporter d’abord dans les pays membres de l’Union européenne, puis aux États-Unis, et enfin en direction de l’Amérique latine, de l’Asie et de l’Afrique. On constate, depuis plusieurs années, un net recul des exportations à destination de ces deux continents, dominés par les marchés émergents. Ceux-ci sont, en effet, considérés à risque. Pour y faire du commerce, mieux vaut prendre ses précautions et souscrire une assurance-crédit.

Une assurance-crédit à l’export offre des garanties variées, mais regroupe en principe les points suivants :

  • Garantie contre les impayés et les interruptions de marché (risques économiques, politiques, catastrophiques) ;
  • Garantie recouvrement par des agents installés dans les pays concernés ;
  • Garantie indemnisation en cas de non-recouvrement des créances (jusqu’à 90 % du montant initial) ;

Toutefois, le montant de la prime d’assurance-crédit peut changer du tout au tout en fonction du risque établi par les assureurs au sujet du pays en question. Naturellement, un territoire qui s’accompagne d’un risque pays élevé sera sanctionné par une prime importante ; et à l’inverse, une nation à moindre risque donnera une prime moins élevée. Ce risque est évalué sous l’appellation de « risque pays ».

Les données du risque-pays

La notion de risque pays, essentielle à l’établissement d’une assurance-crédit, découle du passage en revue, par des experts, des fragilités d’un pays-cible qu’une entreprise a la possibilité d’avoir comme fournisseur ou comme client. Ces fragilités doivent être soupesées les unes par rapport aux autres, car une crise est le plus souvent déclenchée par un faisceau de raisons, et par une cause unique. Ces fragilités à prendre en compte sont de 3 ordres :

  • L’environnement social et sociétal. Il s’agit d’avoir une vision globale de la société : facteurs démographiques et niveau d’éducation. Il est possible, par ce biais, de juger de la modernisation d’un pays, de l’émergence d’une classe moyenne éduquée, des tensions potentielles au sein de cette classe moyenne (via le taux de chômage, le niveau de corruption, l’offre politique), etc.
  • Le risque politique. Un facteur essentiel mais complexe, qui nécessite une étude approfondie de l’histoire politique du pays et de la stabilité de ses institutions au fil du temps. Évidemment, pour ce critère, la « qualité » du politique n’est pas prise en compte, seulement sa pérennité. Ainsi, on peut faire la distinction entre l’Inde (démocratie moyennement stable, mais institutions qui fonctionnent bien), l’Iran (fermeture politique et risque de remise en cause populaire) ou encore l’Azerbaïdjan (démocratie inexistante mais institutions solides, portées par une même famille qui truste le pouvoir et par le soutien des oligarques).
  • Risques économiques. Un critère qui englobe la totalité des questions économiques importantes, tels que les secteurs qui portent la croissance, la stabilité de l’économie, le taux d’endettement des ménages, les politiques économiques menées par les gouvernements successifs, la valeur du système bancaire national, le taux du déficit public, etc.

Puisqu’il est difficile, voire impossible, pour une entreprise, de mener cette étude elle-même, les organismes comme la Coface proposent des contrats d’assurance-crédit qui prennent en considération le risque pays établi à partir de tous ces critères, afin de jauger le montant de la prime d’assurance.

Les pays les plus à risque

Puisque le risque pays est calculé pour chaque nation du monde, quelles sont celles où il est déconseillé de s’exporter, à la fois parce que les risques sont élevés et parce qu’en conséquence, la prime d’assurance-crédit le sera également ?

L’OCDE publie régulièrement sur son site une mise à jour des pays classés par risques. Le risque pays est noté de 1 à 7, le chiffre 7 représentant un risque élevé, pondéré en fonction des critères. Voici une sélection des nations notées 7, pour lesquelles une assurance-crédit coûte cher :

  • Afrique: Angola, Burkina Faso, Burundi, Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Gambie, Guinée, Guinée Équatoriale, Guinée-Bissau, Libéria, Libye, Madagascar, Mali, Mauritanie, Mozambique, Niger, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Soudan du Sud, Tchad, Togo, Zimbabwe ;
  • Amérique: Antigua-et-Barbuda, Argentine, Cuba, Haïti, Jamaïque, Nicaragua, Venezuela ;
  • Asie: Afghanistan, Cisjordanie (et bande de Gaza), Corée du Nord, Irak, Kirghizistan, Liban, Myanmar, Pakistan, Syrie, Tadjikistan, Yémen ;
  • Europe: Albanie, Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Moldavie, Monténégro, Ukraine.

Voici, en somme, les pays avec lesquels il est le plus risqué de commercer aujourd’hui. Mais gardez à l’esprit que la notion de risque pays dépend de nombreux facteurs, ainsi que du type de commerce que vous désirez mettre en place avec le pays en question.

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