Il y a 35 ans, Coluche a eu « une petite idée qui ne devait pas durer » : Les Restos du Cœur. Pour sa 36ème campagne d’hiver, l’association met en place un énième appel aux dons, et en profite pour interroger l’essence même de son existence en questionnant la genèse de sa création. Le film « Une petite idée qui ne devait pas durer », est diffusé sur TF1 depuis mardi 24 novembre sur les écrans de télévision, à l’occasion du début de la saison hivernale, signe ainsi un retour aux sources, plus que jamais prégnant dans cette période sanitaire plus que particulière.

Un rappel des objectifs nécessaire

En créant les Restos du Cœur en 1985, Coluche avait pour but d’aider et d’apporter une assistance bénévole aux personnes démunies, notamment dans le domaine alimentaire par l’accès à des repas gratuits aux personnes dans le besoin, par la participation à leur insertion sociale et économique ainsi qu’à l’action contre la pauvreté sous toutes ses formes.

L’objectif que s’était donné Coluche à la base était d’apporter une solution temporaire pour qu’il n’y ait plus de demandeurs. Après 35 ans d’existence, l’heure est donc au bilan pour l’association et ses bénévoles. Et malheureusement, on constate que, loin de diminuer, le taux de bénéficiaires évolue, et d’autant plus au cœur de la crise sanitaire et économique que nous sommes en train de vivre en France.

Un appel aux dons sous forme d’appel au secours

La crise sanitaire et ses conséquences économiques ont en effet considérablement augmenté le nombre de personnes ayant recours à l’aide alimentaire. Alors, plus qu’une campagne publicitaire visant à rappeler qu’elle est bien encore là, Les Restos du cœur nous adresse ici un véritable appel au secours, sous couvert de rappeler les raisons de son existence. C’est à travers un film conçu par les agences Brand Station et Change, réalisé par BRBR et produit par Birth diffusé sur TF1 que l’association a imaginé un scénario utopiste, surfant presque sur l’autodérision.

Le film fait imaginer un monde idéal où plus personne n’aurait besoin de l’aide des Restos du Cœur et de ses bénévoles, qui, dans ce monde idéal justement, s’ennuieraient de ne plus trouver de bénéficiaires. Ce monde « utopique » sur un parking vide, surprend par son côté décalé et presque à contre sens : alors que la scène peut sembler triste en montrant des bénévoles un peu désabusés, elle se révèle en fait être un véritable plaidoyer en faveur d’une situation qui reste malheureusement un idéal pour chacun. En effet, le jour où cela arrivera c’est qu’il n’y aura plus de personnes à aider et que la situation sociale du pays se sera alors améliorée en faveur des plus pauvres. Un rêve cependant rapidement réduit à néant par la conclusion du film qui nous remet les pieds sur terre. En annonçant qu’aujourd’hui, près de 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France. Un retour à la réalité certes assez violent, mais qui n’est cependant pas dénué d’espoir grâce à l’utilisation en arrière-plan de la voix de Coluche et de la musique des restos du cœur, comme un signe que les objectifs du départ, mais surtout les espoirs… résonnent encore à travers les temps et sont toujours de mise.

Dans un contexte de crise sanitaire creusant les inégalités et augmentant l’isolement des plus précaires, les Restos du cœur nous révèlent une campagne poignante qui réussit le défi d’apporter de la douceur et de l’espoir tout en mettant en scène une situation grave. Plus que jamais sollicités (L’association française s’attend à recevoir un million de bénéficiaires cette année pour la saison hivernale, qui a démarré mardi 24 novembre en pleine crise sanitaire et économique liée au Covid-19), l’association rappelle en effet que « plus que jamais, elle compte sur nous » et qu’elle est bien plus qu’une incarnation de son fondateur. Association de terrain, côtoyant chaque jour les plus démunis, elle rappelle surtout que son objectif à elle n’a pas changé : chaque jour, ce sont des milliers de bénévoles qui, prenant le relai d’une idée toute simple au départ, œuvrent au service du bien commun mais qui en fait n’ont qu’un seul but : ne plus exister.

 

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