Une musique douce qui rappelle les airs entêtants de Noël, le froid de l’hiver, des nounours et des cadeaux… Tout est là pour nous rappeler l’une des périodes les plus féériques de l’année. Et pourtant, il s’agit bien d’une campagne de sensibilisation inédite qui sera diffusée sur l’écran géant du marché de Noël du jardin des Tuileries, jusqu’au 3 janvier. Pour la première fois, l’ONG prend la parole sur la pollution et le risque encouru pour nos enfants. Un risque grave que démontrent des chiffres affolants, et dénoncé à travers « Un cadeau pas comme les autres », un film discret qui se joue entre douceur et engagement.

Greenpeace dénonce de façon inédite les risques de la pollution

« Face à la pollution de l’air, aucun masque ni aucune écharpe ne sont une protection efficace ». Le message qui clôt la campagne d’1min 30 réalisé par Anna Mantzaris et imaginé par l’agence 84.Paris parait presque être un lieu commun. Et pourtant, il dénonce bien, par une simplicité déroutante, cette tendance généralisée de l’immobilisme face aux dangers de l’environnement où grandissent nos enfants. En effet, les chiffres communiqués par l’Agence nationale de santé publique sont alarmants : les trois quarts des enfants seraient aujourd’hui trop exposés à la pollution en France. Troisième cause de mortalité dans le pays, l’air que nous respirons serait également responsable de près de 48000 décès prématurés chaque année. Un état de cause qui ne serait pas une fatalité si nous nous engagions davantage, à l’instar de cette petite fille, mise en scène par Greenpeace, qui décide d’agir et protéger ses proches et ce petit ours en peluche, en leur offrant un masque de protection fait maison comme cadeau de Noël.

Une dénonciation tout en douceur

La campagne « Un cadeau pas comme les autres » détonne par le décalage entre la douceur de sa réalisation et le scandale sanitaire qu’elle dénonce. Un déséquilibre assumé par les directeurs de la création de 84.Paris, Olivier et Hervé Bienaimé, qui ont volontairement inscrit cette campagne de sensibilisation au cœur de la magie de Noël, comme pour mieux dénoncer qu’au milieu de la féérie se niche parfois le chaos : « L’idée était d’écrire une histoire qui respecte l’esprit et joue sur les codes de Noël tout en y intégrant un message de sensibilisation ». Un message qui, tout comme le sujet qu’elle dénonce, se fait presque en silence pour mieux dénoncer sa gravité. En effet, on se laisse facilement bercer par ce film court, empreint de poésie et de bons sentiments, mais sans dialogue et où un seul personnage semble se mouvoir. Un parti-pris audacieux qui n’impose pas un message mais le fait comprendre. En cette période où l’on fait plus que jamais attention les uns aux autres, la campagne permet alors de toucher des concitoyens et de les alerter d’un état de fait trop généralement passé sous silence. Jusqu’à ce que Greenpeace prenne enfin la parole. Jusqu’à cette campagne aussi discrète que détonante.

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