« L’œil humain n’avait jamais été autant sollicité de toute son histoire, et on avait calculé qu’entre sa naissance et l’âge de dix-huit ans, toute personne avait été exposée en moyenne à 350 000 publicités. » Cette simple réplique d’Octave Parango, joué par Jean Dujardin dans le film 99 Francs, nous alertait déjà sur la surenchère publicitaire il y a 11 ans.  Face à l’explosion du digital et alors que l’heure est davantage à la dénonciation de la « pollution publicitaire » des rues, l’afficheur Clear Channel réussit un coup de maitre en réaffirmant la puissance d’un média parfois boudé et remis en cause. Conçue par Tashi Bharucha, Directeur de la création du groupe, la campagne « Bien Vu » investit depuis mercredi les rues d’Ile de France et des 50 métropoles françaises grâce à des affiches au message accrocheur et décalé et au graphisme éloquent.

Clear Channel s’affiche avec brio

Pourtant de courte durée, la campagne n’en est pas moins de grande envergure. Le groupe espère en effet atteindre en une semaine « + de 400 millions contacts auprès de 47% de la population française ». Et il est vrai qu’il sera difficile de passer à côté de « Bien vu », cette campagne d’affichage national sous forme d’autopromotion lancée le 19 Septembre. Avec ses quelques 5000 affiches de 8 et 2m², l’afficheur mise sur l’interactivité, la simplicité et l’humour pour attirer l’attention. « Regardez-moi BIEN pendant au moins 5 secondes » ou encore « Evitez-moi du regard… trop tard », peut-on ainsi lire sur des supports au graphisme épuré et à la typographie travaillée, comme un défi lancé aux passants.

Des affiches qui nous engagent tous : annonceurs, afficheurs et consommateurs!

Entre démonstration de force et plaidoyer, Clear Channel décide ici de s’affranchir des règles : « Il ne faut pas avoir honte d’être un afficheur ! […] L’acheteur comprend aussi que le travail a été fait pour lui et qu’une affiche publicitaire est plus vue que beaucoup de médias digitaux. La rue, c’est le dernier mass média. Tous les autres médias, ce sont des niches et du ciblage. » affirme Tashi Bharucha.

Véritable prise de position de la part d’une activité usée et abusée, la régie outdoor réussit à assoir la force du média auprès du grand public comme des professionnels, en s’effaçant et en laissant parler son support de prédilection. C’est à la fois esthétique et plein d’esprit. Bien vu, non ?

 

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