ARM s’engage pour une meilleure lecture des profils « non-conventionnels »

Echec scolaire, décrochage, incapacité à trouver sa voie : derrière ces mots se cachent des réalités qui touchent de nombreuses personnes. Même s’ils ont l’envie, un manque de diplôme, un mauvais suivi ou un cursus atypique peuvent entraîner le découragement de ces personnes sans cesse recalés par les recruteurs. Pour les épauler, Sylvain Marchand et Christel Sicard viennent de lancer l’initiative ARM (Accompagnement dans les réseaux et milieux professionnels). Sylvain Marchand nous en dit plus sur sa détermination à faire évoluer les mentalités.

ARM : histoire et objectifs

ARM est une initiative à but non lucratif dont l’objectif premier est de sensibiliser les recruteurs à la diversité et à la richesse des candidats en attente d’un emploi. « Cela fait plusieurs années que je veux m’engager pour un enjeux sociétal et il est important de changer la vision qu’ont les entreprises par rapport aux profils atypiques ». En effet, tout le monde n’a pas un parcours linéaire avec un emploi découlant logiquement de ses études.

A l’image du logo de l’association, une roue crantée, la vie professionnelle n’avance pas de façon lisse et linéaire. Ainsi, Sylvain Marchand explique que toute expérience, même très éloignée de son secteur d’activité initial, est importante. Il regrette d’ailleurs que beaucoup de personnes taisent ces expériences « hors cursus logique » car les recruteurs ne les valorisent pas. « Ces difficultés dans les parcours ne doivent pas être vues comme des pauses mais comme des caps qu’il a fallu franchir pour donner un nouvel élan à la roue ».

Or, si déjà de nombreuses associations accompagnent ces personnes en difficulté, peu tentent de régler le problème à la source. C’est pourquoi, malgré une partie accompagnement, ARM se concentre sur la sensibilisation des entreprises sur la question.

Le recrutement en France : des soft skills mais pas trop…

Bien que les soft skills soient à la mode chez les recruteurs, la plupart d’entre eux continuent de sélectionner des profils linéaires mais avec des compétences originales. Par exemple, un candidat avec les compétences requises se distingue des autres car il dessine sur son temps libre, il est donc considéré comme créatif. ARM veut prouver que les soft skills sont partout et que même une personne sans diplôme ou sans expérience dans un domaine a des choses à offrir. C’est un modèle qui est déjà parfaitement intégré dans plusieurs autres pays.

Ainsi, ARM met en avant l’élasticité dont font preuve les personnes aux parcours atypiques. Se former à un nouveau métier est toujours possible, à n’importe quel âge. Le but est de prouver qu’une personne en reconversion professionnelle a des compétences d’une précédente expérience qui peuvent être bénéfiques aux entreprises malgré l’ampleur de la conversion.

Cela concerne également les femmes, encore trop souvent mises à l’écart après un congé maternité par exemple.

C’est ainsi que l’acronyme de l’association doit se lire « arme », car les fondateurs savent qu’on ne naît pas tous avec les mêmes armes. L’égalité des chances est à géométrie variable. En effet, entre le jeune étudiant qui pourra bénéficier du réseau de ses proches pour l’obtention d’un stage ou d’une alternance, et celui qui n’aura pas la chance de bénéficier de ce réseau, le jeu de carrière est faussé dès le départ. On peut alors considérer que celui qui a rencontré le plus de difficulté aura développé de nouvelles facultés, et de l’élasticité intellectuelle.

Fédérer une communauté solide et investie

Avec une implantation à Limoges et un site internet en préparation, ARM compte se déployer pour fédérer du monde autour du projet. Qu’il s’agisse de recruteurs ou d’entreprises, de nombreux experts vont être appelés à intervenir via des webconférences afin de porter l’association. Ainsi, cette première année devrait se centrer sur la sensibilisation afin de créer de l’engagement et d’avoir une équipe prête à agir dès 2021.

Pour cela, l’association peut compter sur l’expertise de ces deux fondateurs. En effet, Sylvain Marchand est le PDG de l’agence de communication CWA basée à Limoges. Celle-ci s’occupe aussi bien du print que de la présence digitale des entreprises ainsi que de l’organisation d’événements. Ces compétences permettent donc au fondateur d’ARM de créer une identité clair pour l’association mais aussi de la rendre visible.

De même, Christel Sicard travail à l’Ecole innovante de Nouvelle-Aquitaine (EINA) qui propose des alternatives pédagogiques à destination des primaires. Elle apporte donc au projet son expertise sur l’apprentissage des jeunes. Pour elle, les formations devraient plus prendre en compte les envies et les besoins des enfants, afin justement d’éviter le décrochage scolaire.

C’est donc autour d’une équipe compétente et engagée que se construit l’association ARM.

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