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C’était hier matin, à 5h, sur le parvis de la gare de Lyon Part-Dieu. Des bénévoles et responsables régionaux de la Fondation Abbé Pierre et l’association Emmaüs Solidarité ont matérialisé leur indignation à coup d’affichage sauvage pour dénoncer le mobilier urbain anti sans-abris. Une opération coup de poing aux allures de guérilla urbaine, largement relayée sur les réseaux sociaux grâce au hashtag #Soyonshumains.

Des installations anti-SDF qui se multiplient

Systèmes d’arrosage automatique, barrières métalliques, pics, plans inclinés, grilles… le mobilier urbain se développe à grande échelle dans les grandes villes de France comme Paris, Lyon, Metz et Marseille pour faire fuir ou empêcher les SDF de s’asseoir ou de s’allonger.

Eric Lafontaine, responsable de l’entreprise qui a installé les arrosages à proximité de son parking et qui ont particulièrement choqué s’explique : « Nous avons fait preuve de beaucoup de tolérance mais ce n’était plus possible. Ces jets, c’est ce que nous avons trouvé de plus efficace. Je comprends que cela puisse choquer. En même temps, mouiller quelqu’un ce n’est pas bien méchant. »

©Anne Simonot : Journaliste et Chargée des Relations Média pour la fondation Abbé Pierre

Des systèmes qui crée l’indignation et que les associations ont décidé de dénoncer, alors que le froid s’installe.

« Au lieu d’empêcher les SDF de dormir ici, offrons-leur un logement décent ailleurs. »

C’est un sujet délicat à manipuler. Parce qu’il cherche à fédérer les français tout autant qu’il dénonce leur façon de penser mais surtout de faire. Le message est clair. Et les affiches noires et orange glacent les passants par leur simplicité et leur efficacité. L’agence Altmann+Pacreau a accompagné les associations dans cette campagne coup de poing. Depuis hier, les internautes sont ainsi invités à dénoncer le mobilier urbain sur la toile en prenant des photos et en géolocalisant les dispositifs grâce au hashtag #SoyonsHumains. Sur le site www.soyonshumains.fr , une carte interactive permet ensuite de se rendre compte de l’ampleur du phénomène. L’objectif ? Alerter, éveiller les consciences, non seulement des pouvoirs mais aussi et surtout du grand public.
Pour la fondation Abbé Pierre : « Des solutions existent mais elles ne passent en aucun cas par la déshumanisation des personnes sans domicile » (…). Un problème de société donc, qui se renforce dans une période de renforcement du dispositif hivernal. En effet, selon la directrice régionale de la Fondation Abbé Pierre : « Sur les quinze derniers jours, plus de 2.000 personnes ont appelé le 115, mais n’ont pas obtenu de place en hébergement d’urgence« .

Une opération coup de poing qui fait sens

Avec l’idée que la violence doit parfois être dénoncée par la violence, cette opération n’est en réalité « sauvage » que dans sa forme. En effet, si l’esprit est artisanal en utilisant de bons vieux supports traditionnels, elle ne se résume pas au collage intempestif d’une centaine d’affiches, qui peuvent être facilement enlevées par les pouvoirs publics. C’est parce qu’elle utilise le digital (et de manière très pertinente d’ailleurs en combinant la géolocalisation, la photo et les réseaux sociaux) et appelle chacun à participer en relayant l’information qu’elle est efficace et qu’elle prend du sens. Le mode opératoire des associations et fondations n’est pas nouveau. Il reste qu’il détone et fait réfléchir. Que l’on habite à Paris, Lyon, Marseille, ou ailleurs.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur Soyonshumains.fr.

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